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L’abatteuse-groupeuse, les notions essentielles

L’abatteuse-groupeuse occupe toujours une place importante dans l’aménagement des forêts du Québec. Voici un portrait des caractéristiques clés de cette machine qu’il faut bien comprendre si l’on souhaite avoir une sylviculture performante.

 

Pour les adeptes de machineries forestières, l’abatteuse-groupeuse est certainement l’une des plus impressionnantes. Par sa conception et sa puissance, elle peut récolter plus de bois qu’aucune autre machine. 

 

Bien que les gens de l’extérieur du milieu forestier voient difficilement la différence avec une abatteuse multifonctionnelle (bois court), ses caractéristiques sont très distinctes et influencent notre manière d’aménager la forêt.

 

Tigercat Feller buncher LX830D

Source: TigerCat

 

Historique

Les abatteuses-groupeuses, communément appelées les têtes à scie, sont l’évolution des premiers équipements de récolte apparus dans les années 70. À l’époque, il s’agissait d’excavatrices dont on avait remplacé le godet par une tête d’abattage.

 

Elles étaient d’abord équipées de cisailles et furent ensuite remplacées au début des années 80 par des scies circulaires, semblables à celles qu’on connaît aujourd’hui.

 

Le procédé

Comme l’indique son nom, l’abatteuse-groupeuse à la capacité d’abattre les arbres, mais également d’en regrouper plusieurs dans sa tête avant de les déposer au sol pour le débardage. La quantité d’arbres qu’elle peut accumuler dépend de la grosseur de chaque tige. Par exemple, elle peut accumuler jusqu’à 15 petites épinettes noires du nord de Chibougamau, tandis qu’elle doit se limiter à un seul bouleau jaune du sud du Québec.

 

Une fois abattu, le bois est soit transporté par un débardeur à grappin, communément appelé “Grappel”, en direction de l’aire d’ébranchage (1) ou façonné directement sur le parterre de coupe et débardé avec un transporteur (2).

 

Feller buncher

 

Les avantages de l’abatteuse-groupeuse

Production

Les abatteuses-groupeuses se démarquent par leurs impressionnantes capacités de production. En effet, comme le cycle de travail est court (abattre, accumuler et déposer), leurs productivités sont beaucoup plus élevées que les abatteuses multifonctionnelles. 

 

 

Contrairement à la multi qui voit sa productivité diminuer drastiquement lorsque le volume par tige diminue, la conception de la tête de l’abatteuse-groupeuse lui permet d’accumuler un plus grand nombre de tiges lorsque le bois est plus petit.

 

Peu de débris

Comme le bois est généralement débardé en arbres entiers, le parterre de coupe a très peu de débris ligneux, ce qui est donc peu contraignant pour les travaux de préparation de terrain en voie de reboisement.

 

Biomasse

Comme il y a un intérêt grandissant pour la biomasse forestière, le débardage en arbre entier facilite la récupération des branches et des cimes en bordure de chemin.

 

Les désavantages de l’abatteuse-groupeuse

Portance

L’absence de branches et de cimes dans le sentier de débardage augmente l’impact de la circulation des équipements sur le sol. Ainsi, les sols ayant une portance plus faible peuvent être perturbés davantage qu’avec un procédé de récolte en bois court. 

 

Frais de mobilisation

Comme les équipes de récolte de bois en longueur sont généralement composées d’une abatteuse, de 2 débardeurs à pince et de 2 ébrancheuses, le transport en fardier de tous ces équipements représente des frais relativement élevés.

 

Il est donc préférable de préconiser les chantiers de grande envergure, car des changements de secteurs trop fréquents engendrent des coûts considérables et des pertes de temps.

 

Évitez le gaspillage dans vos opérations forestières

 

Consommation de carburant

Les abatteuses-groupeuses sont des machines très lourdes et la scie circulaire requiert beaucoup d’énergie, ce qui n’en fait pas un procédé particulièrement économique en carburant. Par contre, bien que la machine peut consommer 40 litres par heure de production, l’évaluation de la consommation doit se faire davantage en litres par m³ récoltés. 

 

Économie de carburant dans les opérations forestières

 

Donc, pour faire une évaluation juste de la consommation, il faut comparer les litres/m³ avec un procédé alternatif qui opérer dans les mêmes conditions. Dans les peuplements avec un volume par tiges très bas, le procédé de bois en longueur pourrait être le plus économique en litres / m³, malgré ses résultats élevés en litre / heure.

 

Besoin d’espace pour les aires d’ébranchage

L’ébranchage et l’écimage s’effectuant en bordure de route, il faut prévoir suffisamment d’espace pour empiler le bois et l’ébrancher. Contrairement au procédé de bois court avec des transporteurs qui font des empilements d’environ 4 m de haut, les débardeurs à grappins sont limités dans la hauteur de leurs piles. C’est pourquoi la planification du réseau routier doit en tenir compte afin que la distance de débardage ne soit pas trop longue, ce qui occasionnerait un manque d’espace d’empilement.

 

La gestion des débris des aee

Lorsque l’ébranchage et l’écimage se réalisent en bordure de chemin, cela implique une importante accumulation de débris ligneux, rendant improductif un pourcentage de la superficie. Pour minimiser cet inconvénient, les branches sont mises en andains, permettant ainsi la remise en production d’environ 60% de ces zones.

 

Protection de la régénération

Étant donné que la scie circulaire de l’abatteuse-groupeuse tourne en permanence, le moindre contact avec une gaule lui enlèvera toute chance de faire partie du prochain peuplement. Il est donc bien important de prendre les mesures nécessaires afin que la tête ne touche pas aux jeunes arbres. 

 

Comme les arbres coupés sont déposés au sol en longueur avant d’être débardés, la régénération qui s’y trouve est souvent également perturbée. De plus, lorsqu’ils sont tirés à l’arrière du débardeur à grappin, les arbres peuvent occasionner beaucoup de blessures aux semis et aux gaules résiduelles, surtout lorsque les sentiers sont sinueux. 

 

La dextérité de l’opérateur joue donc un rôle crucial, car même avec ces défis, il est possible de bien protéger la régénération en place avec une tête à scie.

 

À noter que dans les cas où un scénario sylvicole intensif est prévu, une préparation de terrain et un reboisement seront prescrits. La protection de la régénération a beaucoup moins d’importance. 

 

Contraignant dans certaines coupes partielles

Comme l’abatteuse doit déposer les arbres au sol avec leur pleine longueur, il est particulièrement difficile de protéger les tiges résiduelles lorsqu’on réalise une coupe partielle.

 

En plus des directives de la prescription sylvicole, il faut que la sélection des arbres tienne compte de l’espace nécessaire pour les déposer au sol pour minimiser les blessures aux tiges résiduelles lors de l’abattage et du débardage.

 

L’image ci-dessous illustre un exemple de choix de tiges qui permet de libérer suffisamment d’espace pour les empilements. Cependant, cette méthode est difficile à appliquer lorsque les directives opérationnelles de la prescription sont très restrictives quant au choix des arbres à récolter.  

 

Shéma-coupe-partielle-abatteuse-groupeuse

 

 

Conclusion

Le pourcentage de bois récolté par un procédé en bois long a progressivement diminué au cours des dernières décennies. Cette méthode de récolte a certains désavantages qui la rendent contraignante dans la foresterie moderne, qui fait face à une multitude de nouveaux enjeux.

 

Toutefois, les abatteuses-groupeuses ont des avantages spécifiques qui nous permettent d’être plus compétitifs dans l’aménagement des forêts de certaines régions du Québec. En effet, comme la productivité des “têtes à scie” est moins affectée par le volume de bois par tige, il est possible d’opérer dans les peuplements les plus nordiques et de maintenir le coût de la fibre à un niveau acceptable. 

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