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Construction de chemins forestiers – Les notions essentielles

La construction de chemins forestiers est une étape cruciale dans un chantier d’opérations forestières. Voici les éléments essentiels à savoir sur le sujet.

 

La construction de chemins forestiers a des répercussions sur les équipes de récolte, car elle déterminera la distance de débardage, mais également sur le transport du bois, puisqu’elle affecte directement le temps de cycle des camions. Bien que certaines notions puissent s’appliquer aux chemins forestiers en forêt privée, les sujets traités dans cet article sont davantage applicables au contexte de la forêt publique.

 

Déboisement de l’emprise de chemins forestiers

Une fois l’emplacement du futur chemin bien identifié sur le terrain, on doit en déboiser l’emprise. 

 

En terre publique, la largeur d’emprise permise est déterminée par la classe de chemin planifiée. Il est recommandé de récolter la largeur maximale permise pour avoir une meilleure flexibilité lors de la mise en forme et d’assurer une exposition de la chaussée au soleil, ce qui facilitera son séchage.

 

deboisement de l'emprise

 

Suite à l’abattage, le bois doit être empilé de manière à ne pas nuire aux équipements de mise en forme, mais doit être disposé adéquatement pour être éventuellement récupérable par la chargeuse une fois le chemin construit.

 

De manière générale, on évite tous les endroits où le minéral sera récupéré pour la construction de l’infrastructure.

 

Mis à part quelques exceptions, la circulation de machinerie est interdite sur le lit d’un cours d’eau par l’article 26 du Règlement sur l’aménagement durable des forêts du domaine de l’État (RADF). Il est donc essentiel d’analyser attentivement l’hydrographie lors de la planification opérationnelle du déboisement, car la présence de ruisseaux pourrait nécessiter l’installation de traverse de cours d’eau temporaire ou simplement limiter la distance déboisable d’un seul tenant. 

 

Lorsque la planification le permet, il peut être avantageux de prévoir des blocs de coupe d’appoint à proximité, permettant ainsi aux équipements de récolte de travailler pendant que l’équipe de mise en forme avance le chemin et installe les traverses de cours d’eau. Une fois l’infrastructure installée, l’abatteuse peut poursuivre son déboisement.

emprise de chemin forestier

Source: Doris Dubé – The Wood & fils

 

Mise en forme de chemins forestiers

La matière végétale

Pour les chemins tertiaires (classe 4 et 5), il est permis d’utiliser de la matière végétale à même la fondation. Communément appelé le “bed”, cette couche de souches à l’envers, de mousses et de racines doit être uniformément répartie et bien compactée pour éventuellement soutenir la matière minérale.

 

Bien que cette méthode procure une importante économie de coût lors de la construction, elle diminue la durée de vie du chemin. C’est pour cette raison qu’on l’utilise seulement pour les chemins avec une durée de vie plus courte.

 

Pour les chemins avec une plus grande durée de vie (classe 1, 2 et 3), cette matière végétale doit être retirée et disposée, ce qui occasionne évidemment des coûts supplémentaires.

 

Déblais et le remblais

Cette étape que plusieurs appelle le “terrage”, consiste à déplacer le sol minéral à l’intérieur de l’emprise pour donner au chemin le profil et la largeur désirée. Lorsque le terrain est favorable, ce matériel peut provenir à même l’excavation des fossés de drainage. Par contre, si le sol est mince ou qu’il y a peu de sol minéral, il peut être nécessaire de transporter du bon matériel à partir d’un banc d’emprunt à l’aide de camions ou tombereaux.

 

Dans la mesure où il est impossible d’éviter de traverser un milieu humide, une série de mesures peuvent être mises en place pour assurer la solidité de l’infrastructure. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le document Routes d’accès et Milieux humides, un guide  regroupant l’ensemble des bonnes pratiques pour la voirie en milieux humides.

 

Routes d’accès et Milieux humides: Guide sur la planification, la construction et l’entretien

 

Pour être durable dans le temps, la structure du chemin doit permettre l’évacuation rapide de l’eau sans toutefois occasionner de sédimentation. Ainsi, il est recommandé que la pente de la couronne de la surface de roulement soit d’environ 2% et que la pente des talus du chemin et des fossés soit inférieure à 1.5 (horizontale) dans 1 (verticale).

 

Drainage

Un drainage efficace est essentiel à une infrastructure durable de qualité. La grande majorité des dommages causés sur un réseau de chemins forestiers proviennent de l’eau. Celle-ci affecte autant la solidité de la surface de roulement que l’infrastructure et occasionne de l’érosion lorsqu’elle prend de la vitesse.

 

Un drainage efficace se doit donc de respecter l’écoulement naturel de l’eau, d’éviter l’accumulation de marres et d’éviter le ruissellement trop rapide dans les fossés occasionnant de la sédimentation qui risque d’obstruer les ponceaux en place.

 

Bien que rien ne peut remplacer l’œil averti d’un opérateur expérimenté, une carte du réseau hydrographique générée à partir du modèle numérique de terrain du LiDAR aide à bien visualiser l’écoulement naturel de l’eau. Ces données sont disponibles gratuitement via la plateforme du MFFP.

 

Compactage

Une fois l’infrastructure bien formée, il est important de la compacter. Cette étape assure de bien solidifier la structure du chemin et de fermer les “pores” qui permettraient à l’eau de s’infiltrer dans la chaussée. (layer)

 

Traverse de cours d’eau

L’installation de traverses de cours d’eau en forêt publique nécessite de prendre énormément de mesures pour éviter la sédimentation dans les cours d’eau et ainsi protéger la faune aquatique. 

 

Comme le sujet est complexe et qu’il pourrait faire l’objet d’un article en soi, d’ici là,  si vous voulez en savoir plus sur les modalités d’installation de traverse de cours d’eau en terre publique, vous pouvez consulter la section III du chapitre 5 du Guide RADF.

Si le chemin est construit dans un endroit où il y a omniprésence de castors, il est judicieux de prendre les mesures nécessaires afin de prévenir les dommages qui pourraient être occasionnés suite à un ponceau obstrué. Pour en apprendre davantage sur les techniques d’intervention, vous pouvez consulter le Guide d’aménagement et de gestion du territoire utilisé par le castor.

 

Gravelage de chemins forestiers

L’étape de l’épandage de gravier est très importante. Elle permet de solidifier la surface de roulement pour que celle-ci soit en mesure d’accueillir des camions de bois chargés et ce, même en cas d’intempéries.

 

C’est une opération très dispendieuse qu’il est important de suivre de près.

Équipe de Gravel

Source: Excavation Piekouagami

 

Le fait d’épandre une trop grande épaisseur de gravier ou de graveler un trop grand pourcentage des chemins aura certainement pour effet de sécuriser l’opération de transport de bois. Par contre, cela a pour effet de faire augmenter considérablement le coût des chemins forestiers ($/km).

 

En contrepartie, un manque de gravier peut avoir des répercussions importantes sur le transport de bois, surtout en temps de pluie.

 

C’est pourquoi la supervision des équipes de gravier doit se faire de paire avec les opérations de transport du bois. L’objectif ultime est d’épandre le moins de gravier possible, en termes d’épaisseur et de pourcentage de chemin, sans toutefois interrompre les camions.

 

Le superviseur des équipes de gravier doit donc considérer une multitude de facteur dans sa prise de décision:

 

Inventaire de bois sur chemins gravelés

Dans la plupart des chantiers d’opérations forestières, le transport du bois se fait en un flux continu. Il est donc essentiel de considérer les besoins à court terme du transport pour éviter toutes interruptions.

 

Donc, s’il y a peu de bois en inventaire en bordure de route, il est plus difficile d’être flexible avec la météo et de s’ajuster selon les précipitations. Cela implique donc qu’un fort pourcentage des chemins doit être gravelé pour être en mesure de recevoir les camions en temps de pluie.

 

La mise en forme

Suite à la mise en forme d’un chemin, il est préférable de prévoir une période pour que celui-ci sèche. Un chemin bien séché a assurément une meilleure portance et requiert moins de gravier qu’un chemin encore humide.

 

Bien que la situation n’est pas souhaitable, les besoins du transport de bois obligent parfois les superviseurs à graveler des chemins dont la mise en forme est trop “fraîche”. Cela occasionne des coûts supplémentaires, car une plus grande quantité de gravier sera nécessaire pour couvrir chaque kilomètre.

 

La distance des bancs d’emprunt

La distance entre les bancs d’emprunt (pits) et les chemins à graveler a une incidence directe sur la productivité de l’équipe et par le fait même, sur le coût de l’opération. Ainsi, il peut être judicieux de réduire le % de chemins gravelés dans un secteur où il n’y a pas de banc d’emprunt à proximité et d’envisager d’y transporter le bois en période sèche. 

 

Si les bancs d’emprunt sont absents ou à des distances démesurées, les chantiers sont généralement planifiés en saison hivernale.

 

Planification de voirie forestière – les notions essentielles

 

La saison d’opération

Les chemins sans gravier peuvent être empruntés par des camions chargés seulement par temps sec. Ainsi, l’été est assurément la saison où il est plus susceptible de transporter du bois sur des chemins forestiers sans gravier.

 

Donc, si le calendrier d’opérations prévoit que le bois d’un chantier sera transporté à l’automne, il faut prévoir que la quasi-totalité des chemins devront être recouverts de gravier pour répondre aux conditions plus humides de la saison.

 

Conclusion

La construction d’un chemin forestier est une succession de plusieurs étapes. De bonnes décisions doivent être prises autant à l’étape du déboisement que de la mise en forme ou de l’épandage de gravier.

 

Un chemin forestier bien construit répondra adéquatement aux besoins des opérations forestières et minimisera son impact sur l’environnement. 

 

Dans un contexte d’approvisionnement en matières premières, il faut toujours avoir en tête la question des coûts. Des lacunes, tant au niveau de la planification que de l’exécution des travaux, vont se traduire par une augmentation du coût de la fibre.

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