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La densité vs le coefficient de distribution

Lors d’inventaires en forêt, le coefficient de distribution (stocking) et la densité sont des données incontournables. C’est pourquoi il est important de bien comprendre ces notions fondamentales.

Pour l’ensemble des travaux réalisés en forêt, une multitude de prises de données appuient les décisions sylvicoles. Par exemple, l’inventaire de planification assure une bonne connaissance du peuplement et la prescription du meilleur traitement. Ensuite, l’inventaire de qualité permet de vérifier si les travaux réalisés sont conformes aux directives du client. Il y a également de l’échantillonnage pour la cartographie, pour le calcul de possibilité et même pour la recherche. Dans la majorité des cas, on y recueille de l’information pour obtenir le coefficient de distribution et/ou la densité. Bien que essentielles, ces notions sont trop souvent mal comprises. Voici donc les explications pour ne plus jamais confondre ces 2 termes.

 

La densité

La densité est une quantité par unité de superficie.  Il peut s’agir d’un nombre de tiges, de plants, de microsites, de souches ou même de chicots.

 

Le calcul

L’évaluation de la densité se fait essentiellement par un dénombrement. Cela consiste tout simplement à calculer le nombre de fois que l’on trouve l’élément étudié en question dans une placette a superficie déterminée. Par la suite, on calcule la moyenne des résultats obtenus et on le ramène généralement à l’hectare. L’évaluation peut se faire dans une placette circulaire, rectangulaire ou dans les microplacettes d’une grappe.

 

Autre méthode

Pour certains types de données, il est possible d’estimer la densité à partir du coefficient de distribution. Toutefois, cela ne peut s’appliquer que dans les cas où il y a une densité cible définie par un espacement. Par exemple, lors du calcul du nombre de plants reboisés ou du nombre de microsites disponibles au reboisement, comme il y a un espacement minimum à respecter la densité conforme ne peut pas dépasser la densité cible. Dans ces deux cas, il est effectivement impossible de retrouver plus d’une tige d’avenir ou plus d’un microsite au même endroit.

Ainsi, si on multiplie le CD par la densité cible, on obtiendra un aperçu de sa densité réelle.

Exemple: Avec une plantation avec une densité cible de 2500 plants reboisés / hectare et un stocking de 80%, on obtient une densité approximative à 2000 plants / hectare.

2500 X 80% = 2000

Bien entendu, si le calcul de la densité représente des enjeux financiers ou sylvicoles importants, le dénombrement sera nécessaire.

 

Applications

Afin de mieux saisir l’utilité de la donnée, voici quelques exemples concrets:

  • Suite à une préparation de terrain, le nombre de microsites / ha aide à planifier le nombre de plants à livrer.
  • Suite au reboisement, le nombre de plants / ha permet de vérifier si les travaux respectent les directives de la prescription sylvicole.
  • Avant des travaux d’éducation de peuplement, le nombre de tiges / ha permet de définir le taux (valeur des travaux)
  • Avant des travaux d’éclaircie commerciale, le nombre de tiges / ha permet de vérifier l’admissibilité du peuplement.

 

Le coefficient de distribution

Le coefficient de distribution, communément appelé le stocking, définit la répartition de l’élément évalué à l’échelle de l’unité de sondage. Autrement dit, dans quel pourcentage de la superficie on retrouve notre élément , sans considérer sa densité.

 

Calcul

La méthode la plus répandue pour l’évaluation du coefficient de distribution est la grappe de microplacettes circulaires. On y évalue la présence ou l’absence de l’élément, sans tenir compte de sa quantité.

inventaire de régénération

 

On utilise couramment la microplacette circulaire pour sa simplicité d’implantation. Une microplacette rectangulaire pourrait également fonctionner, par contre il faudrait respecter sa superficie et s’assurer que son emplacement est 100% aléatoire.

Lors de l’inventaire, on note la présence ou l’absence de l’élément en question dans chacune des microplacettes. Le rayon de la microplacette est défini selon la densité minimum requise pour obtenir une pleine couverture de la superficie. C’est à dire, si on cible un reboisement de 2000 plants / ha, chaque plant occupera 10 000 m2 (1 ha ) / 2000= 5m2 (soit un cercle de 1.26 m de rayon).

 

Coefficient de distribution résineux

 

Autre exemple, en considérant que 400 tiges / ha sont requises pour obtenir une pleine couverture d’un feuillu tolérant tel que l’érable à sucre, chaque tige occuperait 10000m2 / 400 =25m2 (soit un cercle de 2.82m de rayon)

 

Coefficient de distribution feuillus

 

On obtient donc le résultat du coefficient de distribution simplement en calculant le pourcentage de présence par rapport au nombre total de microplacette.

 

Autre méthode

Tout comme la densité, il existe  une méthode alternative pour estimer le CD pour les projets de préparation de terrain et de reboisement. En divisant la densité réelle par la densité cible de pleine couverture, on obtient un bon aperçu du coefficient de distribution.

Exemple: Avec une préparation de terrain ayant une densité cible de 2500 microsites / hectare et une densité réelle de 1500 microsites / ha , on obtient un coefficient de distribution approximatif de 60%.

1500 / 2500 = 60%

Encore une fois, si le calcul du stocking est important d’un point de vue financier ou sylvicole, il est préférable de l’évaluer à partir d’une méthode d’échantillonnage adaptée.

 

La préparation de terrain, les notions essentielles

 

Applications

Voici certaines applications du coefficient de distribution (CD):

  • Suite à une préparation de terrain, on calcule le CD des microsites et des contraintes au reboisement
  • Suite à un reboisement, le CD des plants conformes et des tiges naturelles complémentaires nous donne  le % de la superficie en production.
  • Avant un traitement d’éducation de peuplement, le CD des tiges d’avenir éclaircie ou non éclaircie nous aide à décider si un investissement est justifié.
  • Suite à une coupe, le CD de la régénération permet d’évaluer si un reboisement est nécessaire.

 

Conclusion

Que vous soyez un entrepreneur forestier qui souhaite bien comprendre les critères de conformité de ses travaux ou un technicien forestier qui réalise de l’inventaire, une bonne compréhension de ces deux notions vous aidera à mieux saisir la prise de données et les résultats obtenus.

Si vous désirez en savoir plus sur la méthodologie de prise de données en forêt, le Guide d’inventaire et d’échantillonnage en milieu forestier est une source d’information essentielle.

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